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Cité atisanale de Sèvres : La lettre des architectes

Mardi 31 octobre :

Aprés la fermeture du bar-tabac "La fumée", d'autres commerces ferment à Sèvres : La boucherie hallal de la Grande Rue, le photographe... Seront-ils eux aussi remplacés par des banques ou des agences immobilières ? Comme me le disait une amie sévrienne, "il faut des banques pour financer les transactions des agences et vice-versa..." C'est une autre ville qui se façonne...

Cité artisanale de Sèvres

... Ce n'est pas celle que défendent les architectes mobilisés contre la destruction du bâtiment de l'architecte sévrien Josic, la cité artisanale, route des gardes. Vous lirez ci-dessous le recours gracieux qu'ils adressent au ministre de la culture, aprés le silence obstiné du maire à leur lettre ouverte(voir plus bas):

Monsieur le Ministre,

Sans votre intervention rapide la cité artisanale de Sèvres-Meudon conçue par les architectes Candilis, Josic & Woods au début des années 60 est promise à une démolition presque totale.

Cette réalisation (1964/65 rehaussée en 1974 sur les plans de Josic) est reconnue dans le monde comme l'une des toutes premières expressions d'  "architecture proliférante".

Largement publiée, elle trouve sa place dans la plupart des histoires de l'architecture moderne. 

Issue de l'histoire des ATBAT et des premiers travaux des "corbuséens" d'Afrique du Nord elle a eu une influence certaine sur l'évolution de l'architecture moderne. ( Atelier 5, Renaudie, Ville nouvelle d'Evry, cité olympique de Montréal, et tant d'autres.)

La qualité architecturale et constructive de cette cité, dont atteste l'exceptionnel état de conservation (malgré une visible absence d'entretien), parle à elle seule pour la sauvegarde de ce "patrimoine" de l'architecture du vingtième siècle.

La cité CANDILIS-JOSIC-WOODS est facilement réutilisable. Elle ne doit pas être défigurée.

Située route des Gardes à Sèvres cette cité est en vis-à-vis direct de quelques maisons "Prouvé" et à quelques pas de la villa "André Bloch” .

Trois exemples réussis, témoins exceptionnels de l'architecture moderne d'après guerre.

Nous en appelons, Monsieur le Ministre à votre haute autorité. 

Vous seul, maintenant, avez le pouvoir de sauver cette réalisation exemplaire, véritable "conservatoire" du meilleur de l’ultime "modernité".

Confiants en votre rapide intervention, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments respectueux.

Voir à ce sujet l'aticle de Pierre Bayle

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Cité atisanale de Sèvres : L'article du Parisien

Le ministère de la Culture enquête sur la cité artisanale

L'ANNONCE de la disparition de la cité artisanale Candilis, Josic et Woods, du nom des architectes qui l'ont conçue en 1964, a suscité quelques émois sur Sèvres. Fin août dernier, sous l'impulsion d'un architecte sévrien, Pierre Lagard, une pétition a même été lancée auprès du ministère de la Culture pour sa sauvegarde. Des informations prises au sérieux.

Pour preuve, aujourd'hui le ministère de la Culture vient de charger l'un de ses services, la Direction de l'architecture et du patrimoine (Dapa), d'une mission d'inspection. Cette dernière devrait diligenter une enquête et rendre un rapport circonstancié au vu des éléments qui lui ont été transmis. Selon une source proche du dossier, la mission devrait être opérationnelle d'ici à une quinzaine de jours. Le rapport, lui, devrait être rendu dans la foulée compte tenu de l'urgence du dossier. « C'est mieux que l'inertie mais rien n'est définitif », commente Pierre Lagard, l'architecte trublion qui est venu à la rescousse de cette construction vouée à la démolition, mais connue dans toute l'Europe pour son concept « d'architecture proliférante » : une sorte de jeu de Lego avec des patios de hauteur variable situé en plein bois selon Pierre Lagard, aujourd'hui soutenu par Docomomo, une association internationale spécialisée dans la sauvegarde du monument moderne et par l'architecte mondialement connu, Jean Nouvel.
« Quand le maire dit que c'est une ruine, il exagère » « Quand le maire dit que c'est une ruine, il exagère et en la conservant, on pourrait tout imaginer pour son avenir, lâche encore Pierre Lagard. Le projet du maire est aberrant d'un point de vue économique. En détruisant 6 300 m 2 et en conservant la maison de l'architecte qui a conçu cette cité, soit 500 m 2 , il ne gagne que 800 m 2 ... » Pour le maire UMP François Kosciusko-Morizet, toute cette agitation autour de « ces anciens bureaux Tekelec », du nom de l'ancienne usine d'électronique partie voilà trois ou quatre ans, n'est qu'une campagne de déstabilisation politique, à l'approche des élections. « On essaie de faire annuler les opérations d'urbanisme qui prévoient la construction de logements et la création d'une maison médicalisée pour personnes âgées d'une centaine de places, se lamente le maire. De toute façon, il y a un permis de construire et un permis de démolir qui n'ont jamais été contestés. Ils sont de plus approuvés par les architectes des Bâtiments de France. Cette mission d'inspection n'est qu'une routine où le ministère de la Culture cherche à se renseigner. »

 

Le Parisien le 04 novembre 2006