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Le ministère de la Culture enquête sur la cité artisanale

L'ANNONCE de la disparition de la cité artisanale Candilis, Josic et Woods, du nom des architectes qui l'ont conçue en 1964, a suscité quelques émois sur Sèvres. Fin août dernier, sous l'impulsion d'un architecte sévrien, Pierre Lagard, une pétition a même été lancée auprès du ministère de la Culture pour sa sauvegarde. Des informations prises au sérieux.

Pour preuve, aujourd'hui le ministère de la Culture vient de charger l'un de ses services, la Direction de l'architecture et du patrimoine (Dapa), d'une mission d'inspection. Cette dernière devrait diligenter une enquête et rendre un rapport circonstancié au vu des éléments qui lui ont été transmis. Selon une source proche du dossier, la mission devrait être opérationnelle d'ici à une quinzaine de jours. Le rapport, lui, devrait être rendu dans la foulée compte tenu de l'urgence du dossier. « C'est mieux que l'inertie mais rien n'est définitif », commente Pierre Lagard, l'architecte trublion qui est venu à la rescousse de cette construction vouée à la démolition, mais connue dans toute l'Europe pour son concept « d'architecture proliférante » : une sorte de jeu de Lego avec des patios de hauteur variable situé en plein bois selon Pierre Lagard, aujourd'hui soutenu par Docomomo, une association internationale spécialisée dans la sauvegarde du monument moderne et par l'architecte mondialement connu, Jean Nouvel.
« Quand le maire dit que c'est une ruine, il exagère » « Quand le maire dit que c'est une ruine, il exagère et en la conservant, on pourrait tout imaginer pour son avenir, lâche encore Pierre Lagard. Le projet du maire est aberrant d'un point de vue économique. En détruisant 6 300 m 2 et en conservant la maison de l'architecte qui a conçu cette cité, soit 500 m 2 , il ne gagne que 800 m 2 ... » Pour le maire UMP François Kosciusko-Morizet, toute cette agitation autour de « ces anciens bureaux Tekelec », du nom de l'ancienne usine d'électronique partie voilà trois ou quatre ans, n'est qu'une campagne de déstabilisation politique, à l'approche des élections. « On essaie de faire annuler les opérations d'urbanisme qui prévoient la construction de logements et la création d'une maison médicalisée pour personnes âgées d'une centaine de places, se lamente le maire. De toute façon, il y a un permis de construire et un permis de démolir qui n'ont jamais été contestés. Ils sont de plus approuvés par les architectes des Bâtiments de France. Cette mission d'inspection n'est qu'une routine où le ministère de la Culture cherche à se renseigner. »

 

Le Parisien le 04 novembre 2006