Frêche s'est auto-excommuniéPas besoin d'être expert en armement pour recourir au droit canon, et pardon à mes camarades laïques : le PS n'a pas de temps à perdre pour statuer sur le cas de Georges Frêche en constatant simplement et tout de suite qu'il s'est de lui-même mis en-dehors du parti, qu'il s'en est auto-exclu, en appliquant la jurisprudence appliquée par le Vatican à Mgr Lefebvre. Le pape Jean-Paul II n'avait pas en effet eu besoin de déclarer formellement l'excommunication du prélat intégriste ( excomunicatio ferendae sententiae). Il avait simplement déclaré que s'il ordonnait un prêtre malgré l'avis du Vatican, il franchissait lui-même la ligne interdite et se plaçait dans le territoire de l'excommunication ( excomunicatio latae sententiae - ou sentence déjà portée). C'est en tous cas l'avis de la section socialiste de Sèvres-Ville d'Avray-Vaucresson, qui a adopté à l'unanimité le 28 novembre, comme beaucoup d'autres sections, une résolution demandant que "les propos racistes de G.Frêche sur la composition de l’équipe de France de Football soient sanctionnés par son exclusion de notre Parti. Les propos tenus par G.Frêche sont méprisables. Ils sont totalement inexcusables dans la bouche d’un responsable socialiste. G.Frêche, en les tenant, s’est placé de lui-même hors de la famille socialiste." Des motions similaires ont été envoyées dans le 92 par exemple par la section d'Asnières, qui demande "l'exclusion du PS de Georges Frêche qui a tenu des propos inadmissibles au sujet de l'équipe de France de football, à la suite de propos déjà scandaleux sur les harkis". De même, la section d' Issy les Moulineaux a voté, elle aussi à l'unanimité, que "M. Frêche soit mis hors d'état de nuire aux populations de Languedoc-Roussillon, y compris par voie d'exclusion". Il semble qu'en ce moment des motions arrivent de la Fance entière au siège du PS. Car dans le cas du président de la région Languedoc-Roussillon, il s'agit clairement d'une récidive. Lorsqu'il avait traité un groupe de harkis de " sous-hommes", le 11 février 2006, il avait été officiellement et moralement condamné par le parti socialiste pour une attitude raciste inacceptable, ce qui l'avait obligé à se rétracter partiellement, mais pas assez explicitement sans doute puisque l'avertissement n'a pas suffi. En déclarant le 14 novembre dernier qu'il y avait trop "d'Africains" dans l'équipe nationale de foot-ball, Georges Frêche savait qu'il franchissait la ligne. Une ligne, celle du respect des valeurs de la république et de la démocratie, qui est la condition d'adhésion au parti socialiste et qui ne souffre pas de compromis. Que le parti veuille aujourd'hui, par souci de démocratie, jouer le formalisme de la commission des conflits pour éviter les excès de ce que certains appelleraient la "justice spectacle", on peut y voir une bonne intention. Mais l'urgence ne permet aucun formalisme qui ressemblerait à une compromission : à donner l'impression d'hésiter à perdre une présidence de région, le PS risque de perdre son âme, ce qui serait autrement plus grave. Pierre BAYLE
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