Suite de la page d'accueil... La consommation des ménages, dernier moteur de la croissance s’essouffle à son tour dangereusement et pour cause : pour la deuxième année consécutive, il n’y aura pas de coup de pouce au SMIC, les revalorisations de 2,3% au 1er mai, et de 0,9% au 1er juillet ne couvrent même pas l’inflation. En 2007 le pouvoir d’achat de l’ensemble des salaires et des prestations sociales a baissé en France : · moins 0,4% pour le salaire mensuel, · moins 0,2% pour le SMIC, · moins 1,4% pour les retraites, · moins 1,5% pour les prestations familiales, · moins 1,5% pour les allocations chômage. Comment s’étonner dans ces conditions de la chute de la consommations des ménages alors que dans le même temps an assiste à une envolée des prix des produits alimentaires, des logements et des carburants. Qui est responsable de cette situation ? Une seule réponse : « les 35 Heures » nous répondent sans cesse nos gouvernants. Mais ce n’est pas l’avis de la Commission Européenne. Le rapport sur l’emploi publié par la Commission Européenne montre que la part des revenus du travail dans la richesse nationale est passée de 69,9% en 1975 à 57,8% en 2008. La part revenant au travail dans la richesse produite est largement en défaveur du travail par rapport au capital. Non seulement la masse salariale globale distribuée a fortement diminué mais ce rapport montre que les grands perdants sont les travailleurs sous qualifiés. L’augmentation des CDD (6,7% en 2007 contre 6,2% en 2006) et des temps partiels (15,7% en 2007 contre 15,3% en 2006) ne fera qu’accélérer cette tendance. Cette déflation salariale a débuté bien avant la mise place des 35 heures en 1997 et c’est entre 1997 et 2002 que la croissance a été la plus forte en France ces dernières années. Ne pouvant espérer une augmentation de leur pouvoir d’achat, les salariés devront travailler plus pour gagner plus, un refrain bien connu !! Qui peut croire que dans une économie en panne de croissance le nombre d’heures travaillées va augmenter ? Si les heures supplémentaires effectuées augmentent cela se fera forcément au détriment des embauches. Ces heures supplémentaires sont exonérées de charges sociales, et vont augmenter les déficits sociaux (assédics – caisses de retraite) par rapport à des vrais embauches qui ont l’avantage de diminuer les aides accordées au travailleur embauché et de faire rentrer de nouvelles cotisations sociales et fiscales. Enfin n’oublions pas que ces heures supplémentaires seront non imposables mais rentreront dans le revenu fiscal de référence, servant de base de calcul pour les abattements relatifs aux impôts locaux ou pour l’estimation de certaines allocations, comme la prime pour l’emploi. Quel sera alors le gain réel pour le salarié ? Quant à la dernière mesure concernant le rachat des RTT le salarié ne peut décider le rachat de ses RTT acquises, il doit en faire la demande à son entreprise qui n’a aucune obligation de les payer. Selon le rapport de l’Accos (L'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) seulement 21% des chefs d’entreprise prévoient de proposer à leurs salariés de racheter une partie de leurs jours de RTT d’ici à la fin de l’année. Si les mesures pour relancer la croissance n’arrivent pas à vous convaincre, que reste t’il : une bonne campagne de pub !! Pour finir de vous convaincre, car vous devez être convaincu, l'Etat va dépenser 4,3 millions d'euros pour diffuser 1630 fois les spots publicitaires sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT publicitaires sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT. Alors si vous voulez voir votre pouvoir d’achat augmenter, ne descendez pas dans la rue, ne faites plus grève, regardez les pubs à la télé ! et si vous êtes convaincu tapez 1 sinon tapez 2. Alain RATTENI |